Les «races humaines» existent-elles?

Topic jumeau de «Is race real?»

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Les «races humaines» existent-elles?

#1  Postby Tiel » Sep 01, 2011 10:26 pm

J’ouvre ce topic pour répondre dans ma langue et de manière claire aux échanges que j’avais eu dans ce topic concernant l’existence de supposées «races humaines».

Mais Pour commencer une petite mise-au-point s’impose. En effet la question de l’existence des «races humaines» est entouré de confusions sémantiques et sociologiques pour le moins importantes, la première question à se poser est de savoir ce qu’est une race.

En français le terme «race» a décrit des choses bien différentes. Par exemple dans l’ancien temps le terme «race» désignait une lignée familiale notamment chez les nobles. Bien évidemment cette définition est aujourd’hui quelque peu désuète et ne concerne pas la problématique dont il est question ici.

La race pour décrire les variétés issues de l’élevage

Aujourd’hui en français la définition la plus commune du mot «race» est celle visant à décrire les différentes variétés d’animaux d’élevage. On parle par exemple de races de chiens. Les races domestiques sont définies selon certains critères morphologiques strictes on parle de « standard de la race». Les races étant maintenu par la pratique d’une certaine endogamie et donc maintenu à un certain niveau de «pureté». Certaines races de chiens peuvent certes être issues du croisement de deux ou plusieurs races, comme le Doberman issu du croisement de Pinscher allemand et de Rottweiler, cependant même là la nouvelle race ainsi créé sera par la suite maintenu par la pratique d’une certaine endogamie. La manière dont les races d’animaux d’élevage sont créées et maintenues, a des conséquences importantes en terme de diversité génétique. Ainsi lorsque l’on analyse le génome des différentes races de chiens ont découvert des «blocs haplotypes» 100 fois plus importants que ceux observé chez l’être humain. Cela s’expliquant par le fait que la diversité génétique au sein des races de chiens est grandement réduite. Ainsi le généticien Bertrand Jordan résume la chose en disant que si chez les être humain l’essentiel de la diversité génétique se situe au sein des populations que l’on nomme «races» chez les chiens nous avons la configuration inverse avec une diversité génétique plus importante entre les «races».
Ce point concernant les races de chiens et plus généralement les races d’animaux d’élevage est important car illustrant le fait que ce que nous appelons communément des «races humaines» ne représente en réalité pas la même chose que les races d’élevages comme le sont les races de chiens. Les races de chiens étant bien définit par des standards généralement assez stricts ainsi que par une diversité génétique réduite lié aux modalités de création et de maintien des races en question.
Les anglo-saxons utilisent d’ailleurs généralement le terme de «breed» pour parler des races d’animaux d’élevage. Ainsi nous pourrions penser que les anglo-saxons font une distinction entre les subdivisions chez les animaux d’élevage et celles qui sont faites chez les populations humaines. Seulement voilà apparemment certains anglo-saxons pensent réellement que le terme «breed» et le terme «race» sont synonymes. Et donc ils ne s’adonnent pas, du moins pas tous, à cette nécessaire distinction.

La «race» comme «sous-espèce»

Il est intéressant de noter que le mot «race» est également souvent utilisé comme synonyme du mot «sous-espèce» (subspecies en anglais).

Le mot «sous-espèce» renvoyant à une classification taxonomique d’un rang inférieur à celui de l’espèce. Ainsi les membres de différentes sous-espèces sont interféconds et représentent généralement des «variétés géographiques» d’une même espèce, chaque variété se distinguant génétique et/ou phénotypiquement des autres.
Apparemment là nous tenons une bonne définition du mot «race» et même une bonne définition des supposées «races humaines» que l’on pourrait donc réellement définir.

Mais là encore il y a un problème!

Premièrement il faut déterminer si on considère le mot «race» comme synonyme aux subdivisions chez les animaux d’élevage ou aux diverses subdivisions observé chez les animaux sauvages. Car ce n’est pas la même chose. À moins que l’on postule que le mot «race» peut décrire n’importe quelle subdivision indépendamment du degré et de la distribution de la diversité observé au sein d’une espèce. Auquel cas le mot «race» n’aura plus aucune pertinence puisqu’on pourra aussi bien parler de «race» des roux que de «race bretonne».

Deuxièmement même en oubliant la problématique posée par les subdivisions chez les animaux d’élevage et même en admettant que le mot «race» est synonyme du mot «sous-espèce», comment définit-on les sous-espèces en question?

Généralement les sous-espèces sont définies par les variations phénotypiques observées au sein d’une espèce au travers des différentes aires de répartition géographique, de cette dernière. Ainsi de nombreuses populations d’animaux considérées comme différentes sous-espèces d’une même espèce, ont été définies comme telles longtemps avant l’arrivée de la génétique et parfois même au temps de Carl Von Linné.

Naturellement aujourd’hui on ne peut plus se contenter de simples variables phénotypiques pour définir des «taxons». Par exemple la classe des «reptiles» n’est plus considéré comme taxonomiquement valide aujourd’hui car il s’agit d’un regroupement «paraphylétique» comme l’on montré des analyses phénotypiques approfondies mais également les avancés en matière de génétique.

Mais donc quel rapport avec l’espèce humaine me direz-vous?

Eh bien le rapport de tout ce qui a été dit précédemment est de savoir ce que l’on pourrait entendre concrètement par «races humaines».

Car quelles seraient les «races humaines» en question?

Les premiers classifications raciales de notre espèces, dont beaucoup datent du 19ème siècle divergeaient déjà énormément les uns des autres. Certaines ne définissaient que trois races (noire, blanche et jaune) et d’autres plusieurs dizaines ou centaines de races et cela toujours en se basant sur des variables phénotypiques réparties inégalement d’une région à l’autre. Bien évidemment l’arrivé de la génétique allait quelque peu changer la donne car permettant d’établir des liens d’apparentement plus poussé et étant riche d’enseignement sur l’évolution récente de notre espèce.

Ainsi la génétique mis fin au «multirégionalisme» strict voulant que les différentes «races humaines» (notamment représenté selon les classifications de l’époque par les blancs, noirs et asiatiques) soient toute apparue indépendamment les unes des autres par une évolution parfaitement parallèles des Homo erectus qui peuplaient alors l’Afrique et l’Eurasie depuis près de deux millions d’années. Au contraire les données génétique pointent clairement vers une origine récente et commune et cela malgré de probables mélanges entre les Homo sapiens venus d’Afrique et les Néanderthaliens (voir peut-être des hominidés de type Homo erectus) déjà présents en Eurasie (voir ma réponse à Galaxian).

Mais hormis cette origine récente une analyse approfondis du génome nous a montré trois choses importantes.
1. Une proximité génétique importante des différentes populations humaines. Ainsi génétique les différentes populations humaines sont moins dissemblables que le sont les différentes sous-populations de chimpanzés en Afrique.
2. Que malgré cette proximité il est possible de tracer des ascendances et de s’adonner à des regroupements (clusters en anglais). Par exemple on peut définir le regroupement des européens et déterminer les ascendances européennes d’un individu en corrélant différents allèles dont la fréquence est plus importante chez les européens. Cela permettant de déterminer certaines migrations importantes ayant très probablement eu lieu durant la préhistoire.
3. Le caractère mosaïque de la répartition de la diversité génétique humaine. Car même si l’on peut déterminer l’ascendance géographique d’un individu à partir de certains allèles, les allèles ne sont pour l’écrasante majorité pas exclusif à un seul groupe voir même pour certains ont des modalités de répartition de correspondant pas aux regroupements géographiques traditionnelles ni même aux classements raciaux généralement effectués.

rationalisme.org wrote:Image
A ) Schéma simplifié des migrations/diversification des populations humaines.
B) et C). Ont ici été ajoutés, par des points de différentes couleurs, les résultantes des recombinaison/redistribution moyenne des allèles/individus, suite à ces mouvements de populations (flux, migrations, séparations, recombinaisons, etc.) donnant des couleurs moyennes plus accusées aux extrêmes - de flux continus allant dans différents sens - qui ont bien entendu été très grossièrement illustrés.
Chaque petit groupe de points dans ce graphique peut représenter à l'envi une famille, une tribu, ou un individu avec son pool génétique. De (A) à (C), ce sont donc des graphiques représentant les gros traits de l'histoire puis de la situation de l'Humanité (C) en agrégats divers, à partir de leur passé (A) à un temps et localisation donnés.
D) A partir de ce schéma, commence la racialisation des agrégats, c-à-dire la transformation mentale de l'humanité et de ses combinaisons et populations en des groupes ordonnés, avec leur part d'artificiel et d'arbitraire. Dès le schéma D, la scientificité de l'étude phylogéographique est transformée et aliénée.

E) Les regroupements sont ici encore plus grossiers, et à F). On superpose simplement des types raciaux idéalisés (en couleurs) et encore plus grossièrement symbolisés (en N/B) selon les 3 à 5 anciennes divisions traditionnelles. Ces regroupements en races sont - on tente du moins de l'illustrer graphiquement ici - un concept inadéquat, un contresens, et surtout un plombage pour comprendre l'histoire de notre espèce et de sa diversité actuelle.
A remarquer dans cette approche graphique : pour sa fabrication grâce à un logiciel de traitement d'images assez simple, les schémas D, E, et F ont été recomposés par une texturisation en mosaïque où les valeurs des pixels sont calculées et assemblés en carrelages de valeur moyenne. On se rend compte ici de l'extraordinaire analogie entre la manière dont le logiciel calcule la moyenne de différentes colorations d'une zone d'image pour en faire un pavé uniforme avec une seule couleur moyenne, et la manière dont les humains font mentalement des regroupements avec part d'artificiel et d'arbitraire d'individus et/ou de petits agrégats populationnels (ensemble d'allèles/individus ou petites populations/agrégats) , pour assigner ces individus à un plus grand groupe donné. Photoshop assigne donc des pixels de différentes couleurs à un pavé de couleur moyenne calculée (D et E), et notre cerveau fait à peu près pareil, nous invitant à oublier la réalité (A à C) de ce qui se passe sous cette apparence "raciale" : les extrémités d'une variation biogéographique continue, transformés en races idéalisées ou divisions raciales.
Rationalisme.org



Ces trois points ont des implications dans le «débat» sur l’existence des «races humaines» et donc sur la pertinence des classements raciaux.

Ainsi en discutant sur le topic consacré à cette question, un membre répondant au pseudo de Chuck11 soutenait l’idée que le point 2, à savoir les regroupements (clusters) définis par les différences de fréquences alléliques d’une région à l’autre, permet de soutenir l’existence de différentes «races humaines» et donc valide la pertinence des classements raciaux.

Chose qui ne m’a guère convaincu car le point 3 nuance le point2, rappelant que les regroupements (clusters) ne sont que des virtualités statistiques qui ignorent de nombreuses données, notamment le caractère mixtes des ascendances.

Par exemple si l’on prend l’haplogroupe T du chromosome Y nous avons la distribution suivante.

Image

On remarque rapidement que cette distribution ne correspond pas aux classements raciaux habituels, et pourtant cela témoigne d’une ascendance commune pour des populations sensées appartenir à différentes «races». Pire il s’agit ici d’un haplogroupe sur la partie non-recombinante du chromosome Y! Pour la majorité de notre génome les allèles ont vite fait de se répartir de manière nettement moins nette de par les diverses recombinaisons chromosomiques et les brassages qu’impliquent la reproduction sexuée. Ainsi par exemple nous trouverons des allèles trahissant des ascendances est-asiatiques chez des européens. Certains allèles se répartissant de manière moins nettes que d’autres, ainsi même si les groupes sanguins diffèrent en fréquence d’une population à l’autre, nous n’y reconnaissons pas les classements raciaux traditionnelles, ni même les fameux regroupements (clusters). Tout cela allant également contre l’idée d’une «médecine raciale», le biologiste Craig Venter ayant par exemple montré que le «caucasien» James Watson possède une variante commune en Asie mais peu fréquente en Europe, d’un gène impliqué dans la métabolisation de certains médicaments. Ce qui compte n’étant pas la supposé «race» d’un individu mais le génotype particulier de l’individu en question exit donc la «médecine raciale», les classements «raciaux» pouvant induire en erreur c’est le moins que l’on puisse dire.

Au problème des ascendances mixtes s’ajoute celui d’une répartition inégale de la diversité génétique humaine.

En effet il est particulièrement de constater à quel point la diversité génétique est plus importante en Afrique subsaharienne qu’ailleurs dans le monde. En fait certains voient même la diversité génétique hors d’Afrique comme étant un sous-ensemble d’une diversité génétique essentiellement africaine.
Ainsi par exemple loin de constitué des «groupements raciaux» distincts l’un de l’autre et des africains, les populations d’Asie et d’Europe formerait un sous-ensemble d’un «arbre» essentiellement africain comme l’illustre le schéma ci-dessous.

Image

C’est d’ailleurs également en cela que les classements raciaux échouent à dépeindre de manière pertinente la distribution génétique de l’humanité et son histoire évolutive récente comme l’avait très bien souligné Jeffrey C. Long.

Image

Si en plus de modèle hiérarchique nous ajoutant les divers ascendances mixtes qui se baladent d’un regroupement à un autre nous remarquons que les classements raciaux défendus par certains nous donnent une image particulièrement appauvrie et non-pertinente de la réalité de la diversité génétique humaine. En fait les classements raciaux faussent de manière flagrante la compréhension de la diversité génétique de l’espèce humaine et donc de l’histoire évolutive et migratoire récente de l’humanité.

rationalisme.org wrote:Image
A) Arbre simplifié des populations humaines, sous une présentation classique par clades. Cet arbre est la synthèse d'une analyse génétique de 120 allèles polymorphes, parmi 42 populations. Il présente les relations de parenté/proximité entre populations. (L. Cavalli-Sforza et A. Piazza, 1988). Cet arbre n'est donc pas faux, il est scientifiquement correct puisqu'il représente les relations et distances moyennes qu'il lui est demandé de représenter sur les critères considérés.
B) Sur la base du même arbre ont été ajoutés (en rouge) une partie grossièrement esquissée des grands échanges de migrants entre populations. Plus complet, cet arbre comble graphiquement la lacune de l'arbre A, à savoir qu'il ne consiste plus en une simple fission de populations, valable pour représenter les relations entre taxons avec barrière reproductive accomplie mais peu démonstratif de la complexité de la généalogie des populations humaines - toutes interfécondes et le fruit d'échanges continus.
C) Toujours le même arbre mais encore plus complet et raffiné : on y superpose d'autres métissages interpopulations et flux génétiques.

Rationalisme.org

C’est d’ailleurs pour cela que l’on parvient pas à nommer différentes «sous-espèces» humaines, les anthropologues rangeant l’ensemble de l’humanité actuel dans la plus petite unité taxonomique existante à savoir la même sous-espèce Homo sapiens sapiens. Cette classification se justifiant aussi bien par une divergence génétique globalement faible des différentes populations humaines, que par le caractère mosaïque de la distribution de cette diversité. Cela ne voulant bien évidemment pas dire qu’il n’existe pas une diversité génétique intéressante à étudié y compris en ce qui concerne les ascendances géographiques.

En conclusion on peut donc dire qu’à moins de postuler que le mot «race» peut décrire n’importe quelle subdivision de l’espèce indépendamment du degré de divergence et la distribution de la diversité, l’idée qu’il existe différentes «races humaines» ne tient pas. Elle ne tient pas non pas parce que politiquement incorrect mais parce que les classifications raciales faussent de manière importante le panorama réel de la diversité humaine et de sa distribution.
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Re: Les «races humaines» existent-elles?

#2  Postby Tiel » Sep 01, 2011 10:39 pm

Dans ce présent message je réponds à un message particulier de Galaxian. Ma maîtrise imparfaite de l’anglais me pénalisant quelque peu pour m’adonner à une réponse détaillée (cela me prendrait trop de temps et sincèrement j’ai mieux à faire).
Ainsi je retranscris ici les propos de Galaxian pour y répondre, l’intéresser pourra toujours utiliser l’outil de traduction Google pour y répondre à son tour dans le topic approprié si l’envi lui en prend.

Galaxian wrote:When my opponents spout PC bullshit, then of course I ignore them. Because they can't be taken seriously, since they've exchanged dispassionate scientific inquiry for passionate agendas.

Cette présente remarque aurait été valide si Galaxian ne débitait pas autant de merde en ne comprenant même pas le quart du tiers de ce que les autres lui expliquent.

Galaxian wrote:Your haplogroup map actually supports the fact of NO notable mosaic effect. Did you notice that it simply dies away within a few thousand kilometres of Djibouti & makes little inroad into Africa?
The map strongly supports what I wrote in my last, & previous posts; that an advantageous or neutral gene will propagate under the right environmental conditions. The fact that over these tens of thousands of years, that haplogroup T has only diffused strongly within just a few hundred km is a rebuttal of mosaic. By the time it gets to Europe we're talking of just 1 to 3%. The distant isolated cases are either by ancient trade routes, or from independent mutations, just as happened with some other genes, especially at fragile points of the DNA.

You should know by now that what I've said is correct, even if you have a cock-eyed view of that map; another indicator is that at the port towns of Eastern India, which did trade with Aden & Djibouti over hundreds of years, the haplogroup has stayed fixated on the coast at the contact points. In other words, it was quarantined by the Indian population. How? (they didn't know about haplogroups at the genetic level). They quarantined it subconsciously, due to the different appearance of those affected...they did not approve of the liaison between Arab traders & local prostitutes with the occasional half-breed. So the hybrids had a difficult time dispersing into the community; they were generally ostracised. That's why, over hundreds of years, there's bugger all to show for the contact; only local effects & little to no mosaic diffusion.


Galaxian affirme à haute voix que la diversité génétique humaine n’est pas répartie en mosaïque même si cela est particulièrement flagrant. Par exemple face à l’exemple de l’haplogroupe T Galaxian botte en touche, en disant que la distribution de l’haplogroupe T n’est pas une démonstration de la répartition en mosaïque de l’espèce humaine car ne s’étendant que sur quelques centaines de kilomètres……Non Galaxian c’est sur des dizaines de milliers de kilomètres que l’haplogroupe T s’étend!

Mais en fait Galaxian sait parfaitement que la répartition de cet haplogroupe est un problème pour son argumentation racialiste consistant à nier la répartition en mosaïque de la diversité humaine, car l’haplogroupe se retrouve à des fréquence non-négligeable aussi bien chez des noirs africains que chez des blancs européens. C’est alors que Galaxian se laisse aller à une explication ad hoc trahissant son ignorance crasse de ce que sont réellement les haplogroupes. Il prétend en effet que les haplogroupe auraient pu apparaitre indépendamment dans différentes population par des mutations affectant une partie fragile du chromosome. Or ce que Galaxian oublie c’est que l’Haplogroupe T est constitué de plusieurs mutations ainsi que par l’absence d’autres mutations constituant d’autres haplogroupes.

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Aussi la présente suggestion de Galaxian pour expliquer la présence du même Haplogroupe dans différentes région du monde témoigne simplement de l’ignorance crasse de ce même Galaxian! Et le fait qu’il ne voit pas en quoi cela représente une démonstration de la répartition en mosaïque de la diversité humaine est une autre démonstration de son ignorance! Démonstration d’ignorance d’autant plus crasse qu’il existe bon nombre d’autres exemples illustratifs.

En effet si l’on prend par exemple les variations en fréquence de différents phénotypes tel que la couleur de peau ou la groupe sanguin on remarque qu’elles ne se recoupent pas.

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Mais cela est également valables pour bon nombre d’autres données ainsi si l’on prend le gène CYP3A5 impliqué dans la métabolisation de certains médicament on trouve différentes fréquences alléliques concernant les variantes du gène en question. Ainsi si l’on prend l’allèle CYP3A5*3C du gène CYP3A5, on remarque une distribution en fréquence particulière qui ne correspond pas aux classements raciaux traditionnels.

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Si à présent nous prenons le gène ABCB1 codant une protéine impliquée dans le duodénum nous trouverons également différents allèles du gène en question, par exemple l’allèle ABCB1+3435. Et lorsque l’on observe sa fréquence de répartition dans le monde le résultat est là encore ne correspondant pas avec les classements raciaux traditionnels ou plus simplement avec d’autres allèles.

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La fréquence de l’allèle ABCB1+3435 étant ainsi estimé de seulement 0.19 en Angleterre mais de 0.52 au Soudan et de 0.42 en Pologne. La répartition n’étant pas nette à travers le monde mais en concordance avec une distribution en mosaïque. Si l’on prend de nombreux allèles et donc la diversité génétique en général nous ne pouvons donc qu’obtenir une distribution générale en mosaïque! Ce que Galaxian ne semble pas comprendre ou pire encore ne veut surtout pas comprendre!

En fait Galaxian ne peut guère nier cette répartition en mosaïque de la diversité humaine sans s’adonner à la même démonstration de stupidité que les créationnistes. Sa seule option étant de s’enfoncer dans ses propres confusions. Ainsi dans un autre message Galaxian la présente d’ADN d’origine néanderthalienne dans le génome des eurasiatiques mais pas des africains, prouve que la répartition de la diversité génétique humaine, n’est pas une mosaïque! Cette «argumentation» de Galaxian témoignant au mieux de l’ignorance au pire d’une mauvaise foi crasse accolée d’une stupidité plus crasse encore!

Dans mon message précédent j’avais précisé que le modèle «multirégionaliste» stricte de l’évolution humaine a été réfuté par les avancées de la génétique. Cependant les analyses faites sur l’ADN Néanderthalien retrouvé ainsi que sur la dent de l’Hominidé de Denisova, ont montré que ces derniers se sont jadis métissé avec les Homo sapiens venus d’Afrique. Ainsi entre 1% à 4% du génome des eurasiatiques actuels est d’origine néanderthalienne et 4% à 6% du génome des Mélanésiens seraient issu de la lignée du mystérieux Hominidé de Denisova.

Pour Galaxian l’absence apparente de ces traces de métissage chez les africains actuels réfutent l’idée que la diversité humaine se répartie en mosaïque car Galaxian semble pensé que «répartition mosaïque» signifie que l’on devrait trouver tous les allèles existant dans toutes les populations humaines existantes, ce qui est bien sûr totalement faux! Par ailleurs Galaxian oublie que bon nombre de noirs africains possède des variant génétiques fréquents dans certains régions d’Eurasie mais bien plus rares sur l’ensemble de l’Afrique, confirmant le caractère mosaïques de la diversité humaine et donc les ascendances mixtes. Pire on ne peut exclure le fait que certains noirs africains puissent posséder eux-aussi des «reliques Néanderthaliennes» dans leur génome car l’échantillonnage d’Africains de l’étude de Green et al, est resté limité.

Par ailleurs une récente études souligne ces dernières mises aux point à merveille. Il s’agit d’une étude portant sur un allèle particulier d’une séquence d’ADN vitale dans le système immunitaire (HLA), cet allèle étant nommé HLA-B*73. Dans cette étude certains chercheurs pensent que cet allèle aurait été transmis de l’Hominidés de Denisova aux populations eurasiatiques actuelles. Car même si cet allèle spécifique n’a pas été retrouvé chez des restes de l’Hominidés de Denisova, certains allèles de ce dernier sembleraient étroitement liés à l’allèle en question. Notons cependant que l’allèle en question aurait une origine bien plus ancienne et remonterait à très loin dans l’histoire des Hominidés, aussi rien est sûr quant à l’origine de la haute fréquence de cet allèle dans certaines populations eurasiatiques actuelles.

Voici ci-dessous un schéma illustrant la répartition de l’allèle qui aurait peut-être hérité de l’Homme de Denisova. Si ce dernier point reste à vérifier on remarque que l’allèle en question est très fréquent dans une région spécifique d’Asie centrale mais devient vite bien plus rare dans la majeure partie de l’Eurasie. En revanche ce même allèle atteint une fréquence déjà sensiblement plus élevé dans une partie de l’Afrique occidentale!

Image

La répartition de cet allèle, comme bien d’autre ne correspond pas aux classifications raciales habituelles mais ajoute un élément supplémentaire au caractère mosaïque de la distribution génétique au sein de l’espèce humaine.

Galaxian s’attache donc à des classifications raciales qui ignorent un pan pourtant très important de la diversité génétique humaine et des enseignements de ce dernier en matière d’histoire évolutive récente de l’humanité. En cela il ignore le caractère mosaïque de la distribution de cette diversité et affirme des certitudes qui ne le sont pas (l’idée qu’il n’existerait pas de variantes génétique Néanderthaliennes au sein de certaines populations noires-africaines).

Galaxian ne comprend ni la situation réelle de l’humanité actuelle en matière de polymorphisme génétique, ni donc le caractère mosaïque de la distribution de la diversité génétique en question. Au lieu de cela il se rattache à une vision simpliste et erronée de la question de manière à ne surtout pas remettre en question les classifications raciales grossières et fallacieuses auxquelles il adhère.

Galaxian wrote:As Biowatch pointed out above (yet again) some mixing, especially at the boundaries, such as E. Africa, does NOT mean that the races are a mosaic, where anything goes: an Eskimo born to a Masai, or a Congo Pygmy born to a Chinaman....that is simply delusional, no matter what pretentious "authority" it comes from. That in itself is concrete evidence that there is no significant mosaic at the racial/subspecies level. Pretending otherwise is like saying that we are a mosaic genus with canines, because we both have eyes & ears & legs. If you're taking the mosaic concept up to the core, the 'type specimen' of distinct races, you may as well go the whole hog & say we're a mosaic with every living organism on earth, because we all have DNA. It makes the word 'mosaic' meaningless.
The population of England is a mosaic of Celts, Saxons, & Normans. But when you venture much further, the mosaicness diminishes, till you come across geographical boundaries such as mountains, large rivers, seas, deserts, dense jungle & such. At those barriers subspeciation is accelerated. The barriers are catalysts to the natural phenomenon of evolutionary divergence of competing organisms.

J’avoue toujours trouver amusant le coup du pygmée que l’on compare à un inuit pour affirmer au vue des différences physiques, environnementales et la distance géographique interdisant tout flux de gènes depuis une certain temps, nous avons donc là deux «races» véritables, on me l’a également fait avec l’inuit et l’aborigène australien. Pire encore Galaxian prétend avoir là une démonstration du caractère non pertinent de la répartition en mosaïque de la diversité humaine et use d’un «strawman» particulièrement grossier en disant en usant du terme «mosaïque» dans une comparaison inter-espèce avec la gente canine!

Bien évidemment cette «démonstration» est du ressort du sophisme et ignore tous les éléments que j’ai exposés dans mon premier message. Un sophisme similaire consisterait à comparer un grand blond islandais à un petit noiraud grec en soulignant les différences physiques, environnementales ainsi que la distance géographique ayant interdit jusqu’à une période récente, des flux génétique pour affirmer que nous avons deux «races» distinctes. D’ailleurs certains vont même jusqu’à classer les méditerranéens et les nordiques comme deux «races» distinctes là où d’autres les classent comme appartenant à la «race caucasienne» et/ou à la «race blanche». Par ailleurs les Inuits ne forment-ils pas un sous-ensemble de la «race est-asiatiques»? Si oui cela veut dire que les Inuits appartiennent à la même «race» que les habitants du Sud de la Chine et plus généralement de l’Asie du Sud-Est vivant dans un climat de type tropicale. Pire que des dires des populations «noires» (negritos, mélanésiens) génétiquement plus affiliés aux asiatiques qu’aux Africains? Tout cela en notant que les asiatiques forment pour une bonne part de leur diversité génétique un sous-ensemble d’une diversité génétique essentiellement africaine. Ainsi selon certains marqueurs, bon nombre de noirs africains se retrouveraient plus affiliés à des Inuits qu’à d’autres noirs africains!

La seule option qu’aura un racialiste pour faire face à cette division hiérarchique accolé à une répartition en mosaïque, sera de multiplier les «races», ainsi il affirmera que les pygmées africains représentent à eux seuls une «race», que les Négritos représentent une «race» et probablement que les populations d’Asie du Sud-Est appartiennent à une «race» différente des Inuits voir même des populations d’Asie du Nord-Est. Le racialistes pouvant même parler de «sous-races» et d’ainsi d’inventer une subdivision taxonomique inférieure à celle de la sous-espèce. Le problème est que pareille tentative n’est qu’une fuite en avant ne réglant pas le problème.

Car en multipliant ainsi les classements raciaux pour tenter de valider ceux-ci vous ne faites que tomber dans le plats en vous retrouvant avec bon nombre de populations aux ascendances mixtes que vous ne serez où classer où alors vous décréterez, gratuitement que telle ou telle populations appartient à telle ou telle «race» mais si cela revient à ignorer des point important de la diversité humaine et de son évolution récente. Ainsi Galaxian classera probablement les Lembas d’Afrique du Sud dans l’ensemble «race noire africaine» malgré des apports génétiques non-africains. Il inventera peut-être une «race indienne» pour les habitants de l’Inde, quoi qu’il est également possible qu’il y définisse de multiples «races» et/ou «sous-races». Il définira peut-être également une nouvelle «race» pour les éthiopiens à moins qu’il préfère les caser dans l’ensemble «race noire africaine». Il reste à savoir où il classerait les Basques!

Au final si on place «l’argument» de Galaxian dans le schéma que j’avais précédemment cité cela nous donne ceci:

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Cela confirmant que les classifications raciales se heurtent non seulement à un continuum mais également à une mosaïque dans la répartition de la diversité. À la rigueur, les distances génétiques existant entre les Pygmées d’Afrique subsaharienne et les Inuits, étaient très importantes, c’est-à-dire plus importante que celles existant entre les différentes populations de chimpanzés on pourrait peut-être justifier un statut taxonomique différents à ces deux populations humaines malgré ce continuum et cette mosaïque. Seulement voilà ce n’est même pas le cas! En fait Galaxian veut simplement qu’on le définisse comme «races différentes» parce qu’il croit, tel un religieux, que les classements raciaux sont pertinents. Et il y croit malgré le fait que toutes ces tentatives classificatoires échouent lamentablement en n’amenant rien à la compréhension de la diversité génétique humaine mais au contraire en faussant le panorama réel de celle-ci!
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Re: Les «races humaines» existent-elles?

#3  Postby Tiel » Sep 01, 2011 11:07 pm

J'adresse également une réponse à un message du membre dénommé Biowatch.

Biowatch wrote:
But as I said before with references there were far mor recent mixing between African and Non-African populations.


Yes, that is mentioned by Risch in his paper I cited earlier. It doesn't prevent categorization of groups into continental clusters that reflect their ancestral background.

By contrast, Pacific Islanders are those with indigenous ancestry from Australia, Papua New Guinea, Melanesia and Micronesia, as well as other Pacific Island groups further east. Native Americans are those that have indigenous ancestry in North and South America. Populations that exist at the boundaries of these continental divisions are sometimes the most difficult to categorize simply. For example, east African groups, such as Ethiopians and Somalis, have great genetic resemblance to Caucasians and are clearly intermediate between sub-Saharan Africans and Caucasians [5]. The existence of such intermediate groups should not, however, overshadow the fact that the greatest genetic structure that exists in the human population occurs at the racial level.


http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC139378/

Le problème étant que malgré toutes ses gesticulations rhétoriques Neil Risch échoue lamentablement à proposer la moindre classification raciale valide sur le plan taxonomique!

En fait il y a deux choses dans l'extrait que cite ici Biowatch, premièrement Neil Risch admet à demi-mot (avec beaucoup de peine car cela semble lui faire mal le pauvre) qu'il peut jeter à la poubelle l'idée d'une «race noire africaine» comme semble le suggérer la figure 1 de sa présente publication. L'autre point étant qu'il se concentre sur les populations assez récentes du point de vue de la préhistoire humaine et relativement isolés telles que les habitant des îles du Pacifique, les aborigènes australiens ou les amérindiens en assistant sur leurs ascendances respectives. Neil Risch les considère-t-il comme des «races»? Probablement mais il prend soin de ne pas de l'affirmer clairement. Et pour cause! Au vue notamment du modèle hiérarchique mis en avant par Jeffrey C. Long admettre que de petits sous-ensemble comme les polynésiens représentent des «races» à part entière reviendrait à devoir faire de même pour les islandais voir même les finlandais. Idem pour les amérindiens soit dit en passant. Et cela reviendrait à multiplier les «races» dans la seule Afrique Noire à un point où le pauvre Neil Risch n'aurait plus qu'à manger son chapeau face à l'impossibilité d'effectuer pareils classements!

Je passe également l'erreur grossière de Neil Rish sur la «médecine raciale» qui n'est pas une solution au vue même des propos de Neil Risch lui-même et des quelques exemples mentionner dans le message précédent concernant les répartition de différents allèles potentiellement important en matière de métabolisation des médicaments. Jamais de la peau et donc les classifications raciales ne permettrons de dire si un individu a ou n'a pas un allèle le rendant réceptif de manière positive ou non à tel ou tel médicament. Craig Venter l'a d'ailleurs déjà joliment démontré!

Bref Neil Risch patine mais n'amène pas de classification raciale de l'espèce humaine qui tienne la route et donc échoue lamentablement dans sa soit disant «démonstration».
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Tiel
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